Éleveuse depuis plus de vingt ans, Bénédicte Lericolais a fondé le Temple de Palès en Normandie. Pionnière du Berger Australien en France – bien avant que la race ne devienne tendance – elle a vu évoluer les mentalités, les attentes et la popularité de ce chien polyvalent.
Avec une approche rigoureuse mais passionnée, elle rappelle qu’adopter un “Aussie” n’est pas un choix anodin, mais un engagement à long terme.
Comment avez-vous découvert le Berger Australien ?
En 1999, j’ai eu ma première femelle, puis ma première portée en 2002. À l’époque, il y avait moins de 500 Bergers Australiens inscrits au LOF en France. J’avais une Border Collie, mais je cherchais une race plus tournée vers la vie de famille, tout en gardant polyvalence et énergie. Lors d’une exposition, j’ai découvert le Berger Australien : ça a été une révélation.

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Quelles sont ses origines et ses aptitudes ?
Le Berger Australien a voyagé : parti d’Europe vers l’Australie, il a ensuite été développé aux États-Unis comme chien de travail aux côtés des cow-boys. C’est un chien incroyablement polyvalent : troupeau, garde, recherche… Aux États-Unis, il a aussi été médiatisé grâce aux chiens de Jay Sisler dans les spectacles de rodéo. Aujourd’hui, il est surtout choisi comme chien de compagnie, mais il garde ce besoin vital de se sentir utile.
Quels tests de santé sont nécessaires ?
Il n’existe aucune obligation légale, mais plusieurs tests sont indispensables pour travailler sérieusement : tests génétiques (AOC, APR, HSF4, MDR1, DM), examen ophtalmologique annuel, radiographies hanches et coudes. Je suis très vigilante sur ces points et veille à tester tous mes reproducteurs.
Qu’est-ce qui rend cette race si particulière ?
Pour moi, le Berger Australien réunit tout : un mental équilibré, une vraie connexion avec son maître, une sensibilité profonde. Mais attention, ce n’est pas un chien facile. Il demande de l’investissement, de la présence et une vraie place au sein du foyer.
Pourquoi est-il devenu si populaire, notamment en Normandie ?
C’est une race très séduisante visuellement, avec ses couleurs variées et ses yeux parfois bleus. Et sa taille moyenne la rend accessible à différents types de foyers. En Normandie, on suit la tendance nationale : ce n’est pas spécifique à la région. Mais je regrette que beaucoup choisissent leur chien uniquement pour son pelage merle et ses yeux bleus.

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Quel budget faut-il prévoir ?
Le prix d’un chiot varie en général entre 1 000 € et 2 500 €, selon les tests effectués et la qualité de la sélection. Pour l’entretien, il faut compter environ 120 € par mois entre l’alimentation, les soins vétérinaires, le toilettage, les accessoires et les activités…
À quels foyers le conseillez-vous ?
Plutôt que de dire à qui je le recommande, je préfère préciser à qui il ne convient pas selon moi. D’abord, je le déconseille aux personnes qui doivent laisser leur chien seul plus de 5 ou 6 heures d’affilée. Le Berger Australien ne le supportera pas. Ensuite, j’évite les adoptants qui ne veulent pas s’investir dans l’éducation ou qui ont trop peu de temps pour diversifier les activités.
Au sujet de l’appartement ou de la maison, peu m’importe : ce qui compte, c’est le temps et l’énergie disponibles. Avec des enfants, tout est possible si le chien ET les enfants sont éduqués. En revanche, je déconseille de prendre un chiot lorsqu’on attend un bébé ou qu’on a un nourrisson, car un chiot demande une attention constante.

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Quelles informations fournissez-vous aux adoptants ?
Dans mon élevage, chaque famille reçoit une notice de 20 pages : histoire de la race, conseils d’éducation, santé, socialisation… Et je propose un suivi à vie. Je reste disponible pour les accompagner, même longtemps après l’adoption.
Les Bergers Australiens ont-ils des lieux pour se retrouver ?
Oui, les clubs canins et les expositions sont des lieux privilégiés. Beaucoup de propriétaires d’Aussies se retrouvent aussi dans des disciplines sportives comme l’agility, l’obéissance ou le troupeau.
Une anecdote qui vous a marquée ?
Il y en a eu beaucoup en 20 ans… Un de mes chiens a sauvé un SDF en hypothermie en le découvrant derrière une haie. Une autre adoptante m’a confié que sa chienne lui avait sauvé la vie après le décès de son mari. Et je pense aussi à une jeune fille en grande détresse psychologique : son Berger Australien l’a aidée à aller mieux. Ces histoires rappellent la force du lien que crée cette race.


